Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 21:51


Dimanche 4 mars 2012, 20h30, descente de la navette. Je viens d’arriver à la 13ème compagnie, la compagnie du capitaine C., celle où je suis affecté. Plusieurs sentiments m'assaillent. La peur de l'inconnu, les défis qui m'attendent ; mais aussi l'excitation, l'impatience, la certitude que quoi qu'il advienne, d'ici trois semaines, je pourrai répondre aux questions qui m'habitent aujourd'hui : Suis-je fait pour vivre dans le monde militaire ? Est-ce que mes cadres seront satisfaits de moi ? Et surtout, suis-je prêt à être un officier ?

 

Dès le lundi matin, 5h, le rythme effréné du séjour se met en marche. Cette journée est longue et difficile, elle se termine à 23h. On nous demande beaucoup de choses, parfois trop, mais ce n'est qu'une première impression qui très vite s'efface. C'est la règle du jeu : il faut être présent, tout le temps, et apprendre, comprendre, s'adapter. Je réalise à quel point j'adore cet état d'esprit, cette impression qui m'évoque le souffle coupé d'une rentrée dans l'eau froide. Très vite, la sensation désagréable disparait pour laisser la place à la satisfaction d'être là.
 
Cette première semaine, jusqu'au vendredi matin, premier jour de terrain, est longue. Mais le rythme est pris. Vendredi, samedi, dimanche, nous sommes dehors. Nous marchons, nous faisons un tour d'ateliers illustrant les 11 actes réflexes. Notre devise devient bientôt : "Pépé garde cocotte" (PP GARD COCOT). Pour réviser les cadres d'ordres, nous plaisantons. Notre section, la quatrième section, celle du sous-lieutenant Le Roux, est soudée. Nous observons les autres, ils paraissent moins sollicités que nous, ils semblent moins unis. Nous, nous sommes les loups. Notre cri : un "HA!" solitaire, suivi d'un "HOU!" à l'unissons ; il raisonne à chaque fois que nous rompons les rangs.
 

 

IMGP9315-bis-copie-2.jpgLa deuxième semaine passe très vite. Jeudi et vendredi nous sommes sur le terrain, dans la "Ville Bizarre", pour un combat urbain. Nous devons prendre le village, pour ensuite le tenir toute la nuit. Notre section est en appui pendant l'assaut. Je commence la journée en étant dans un trinôme, grenadier voltigeur de tête, celui qui surveille les mines et qui ne doit pas lever son regard au-delà de 15 mètres devant lui. Après l'assaut, je reste près de mon sergent chef de groupe (le sergent L., un réserviste, mon cadre préféré des trois affectés à notre section). Je suis radio. Bientôt, il me la reprend, la donne à un autre, et me nomme adjoint. Je dois aller dormir, il est 22h, il me réveillera à 1h pour que je le remplace. A minuit, je me réveille en sursaut et viens aider mes camarades pris sous le feu. L'attaque est repoussée dans notre secteur, ailleurs aussi. Les "plastrons" restent hors de notre zone. Je retourne me coucher et une heure plus tard, me voilà à organiser les gardes. Je m'assure que chacun se réveille, j'ordonne la préparation des cafés pour ceux qui sont sur la butte, devant notre maison, et qui ont froid. Je fais des allers-retours et motive tout le monde. Il est bientôt 6h, la dernière attaque est lancée. Je suis sur la butte à ce moment là, et participe activement au combat. Le sergent me rejoint, je lui rends compte, il me félicite.

 

 
Le dernier week-end nous permet de profiter de deux demi-journées de permission. Je sors de la base l'après-midi du samedi, pour rejoindre le supermarché à pied (sous la pluie) avec un camarade. Finalement nous faisons du stop et parvenons à nous "ravitailler" en barres énergétiques et autres produits locaux. L'ordinaire et les rations sont vraiment à la hauteur de notre appétit qui grandit avec le temps de la préparation, mais ces petits "plus" ne sont pas de refus, pour le physique, le moral, et la cohésion. Ces deux demi-journées sont ponctuées par des lessives, des révisions, du repos, un restaurant le samedi soir et un verre avec les cadres le dimanche soir, pour fêter les trois anniversaires de notre section qui tombent pendant la PMS. Les batteries sont rechargées, nous sommes prêts pour notre dernière semaine.
 
IMGP9224.JPGLe rallye de deux jours censés tester nos acquis a lieu mardi et mercredi. Course d'orientation et parcours d'obstacle (non noté, mais dont l'engagement est apprécié) pour le mardi matin, ateliers théoriques et pratiques et enfin marche pour l'après-midi. Dernière étape, mission de sauvetage effectuée par la section à partir de 23h. Une réussite. Le groupe se renforce, ma conviction grandit comme jamais je n'aurais pu l'imaginer. On pourrait croire que la difficulté m'aurait amoindri, mais elle ne fait qu'accrocher un sourire à mes lèvres. J'aime cette vie, cette sensation, c'est une réalité qui s'impose à moi. L'évoquer pour l'écrire m'en donne des frissons. Surtout lorsque je m'apprête à évoquer MA journée, celle où je suis chef de jour. Je le deviens à l'issu de notre mission de sauvetage. J'organise la garde, le lever, mais surtout la progression de la section lors du parcours Guyane du lendemain matin. Je propose au lieutenant de mettre M. dans la civière, il est tombé sur le dos lors du PO et persiste dans l'aventure... mais j'ai vu ses yeux rouges lorsqu'il a mis son sac à l'issu de la dernière matinée. Il a mal, et en tant que chef de jour, je ne peux pas risquer de le voir souffrir encore plus, voire même se blesser irrémédiablement. Le lieutenant apprécie ma démarche et valide ma proposition. Nous avons fait le meilleur temps au parcours Guyane.
 
De retour à la compagnie, le temps semble s'accélérer un peu plus. Nous sommes impatients de retrouver nos proches, et tristes de nous quitter. Il est question ici de parler de notre ressenti personnel, mais pour moi, c'est un groupe qui a vécu toutes ces aventures et péripéties. Voilà le sens de mes "nous" successifs. Mais ce "nous" n'aurait pas pu exister si le "je" n'avais pas trouvé sa place. Et il l'a trouvé. Je l'ai profondément réalisé en revenant à la vie civile. Mon rythme à changé, mon état d'esprit aussi. J'ai revu mon entourage et toutes les félicitations que j'ai pu recevoir lorsque j'évoquais mon classement (25ème sur 94, -116 au départ) ne m'ont pas autant marqué que l'analyse de mon plus proche camarade au dojo (lieu où je pratique le Karaté) : "il y a un truc différent qui se dégage de toi maintenant, je saurais pas te dire quoi".
 
J'y réfléchis et je crois savoir. Lors de la veillée au drapeau, lorsque le capitaine C. nous parlait, alors que nous étions au garde à vous, la tête droite, tournée vers les couleurs de notre pays, et qu'il nous disait "demandez vous si vous êtes prêt à être officier, à commander, à combattre, à mourir", la réponse n'était qu'une évidence. Oui.

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Par Chêne zen
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Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 17:41

Un okuden est censé être un secret martial.
 

 

L’idée qu’on se fait d’un secret est très simple : C’est une information, possédée par des initiés. Elle peut nous être révélée de plusieurs manières mais sous-entend malgré tout l’action de la délivrer.
 

 

L’okuden, cependant, est peut-être bien plus caché qu’on ne le pense. Il se pourrait même que ceux qui se vantent de les connaître… n’en perçoivent même pas l’ombre. Il faut avoir des yeux pour voir, et c’est en cela que les okuden sont des « secrets » bien caché. Il faut être prêt pour les voir. Comment ? Aucune idée… La pratique, l’humilité, la persévérance, l’esprit mushotoku, etc. Ce qui est certain, c’est que parfois, le déclic se fait. Nos yeux se reposent sur des choses du passé, pour les voir à nouveau.
 

 

Voilà donc ce qui m’est arrivé en revoyant une partie de l’interview de Bruce Lee que je poste ici.

 

 


 

J'ai hâte de la revoir à nouveau, dans cinq ans ^^

Par Chêne zen - Publié dans : Arts Martiaux
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Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 10:46

XI

 

Trente rayons convergent au moyeu

mais c'est le vide médian

qui fait marcher le char.

 

On façonne l'argile pour en faire des vases,

mais c'est du vide interne

que dépend leur usage.

 

Une maison est percée de portes et de fenêtres,

c'est encore le vide qui permet l'habitat.

 

L'Être donne des possibilités,

c'est par le Non-Être qu'on les utilise.

 

verbat22.jpg

Par Chêne zen - Publié dans : Pensées de Chêne Zen
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Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 18:00

Tout commence par un rire, le mien, celui qui suit une vanne d’Omar et Fred dans leur SAV. « Je vous appelle au sujet du G20 parce que… » « Ah non monsieur, le G20 c’était la semaine dernière, c’est du passé maintenant, on en parle plus. »

 

Ce n’est pas un scoop de dire que les médias, aussi bien professionnels (la télé, la radio, les journaux) qu’amateurs (les blogueurs, les penseurs, tous les zigotos de facebook et twitter), vont vite et ne s’attardent pas longtemps sur les sujets « du moment ». Finalement, c’est un terme bien choisi : le moment.


Ce « moment » ne dure que le temps de la surprise, de la gène, de l’horreur… en somme de la réaction. C’est un mécanisme auto-suffisant qui n’a pas d’origine, qui ne peut pas être combattu ailleurs que dans notre propre comportement. Faire preuve de curiosité, de contradiction, c’est faire preuve d'une volonté de se guérir ! Aller voir des choses qu’on ne va pas voir à l’accoutumé, lire ce qu’on a pas l’habitude de lire… s’intéresser aux personnes « ostracisées » ou « condamnées » par le politiquement correct… Limiter au maximum les intermédiaires qui nous séparent de la vérité, et quand on a pas d’autre choix que de passer par ces intermédiaires, toujours garder à l’esprit que finalement, il y a peut-être un peu de faux dans ce qui nous parvient. Et même si ce n’est que la vérité qu’on nous conte, ne jamais oublier qu’elle n’est forcément que partielle.


Me voilà donc assis là, mon sourire qui s’efface et qui laisse la place à une question. Qu’est-ce qui faisait la une (TOUTES les unes) il y a quelque temps, et qui maintenant n’existe plus ? J’ai mis peu de temps à trouver une victime de l’immédiateté. En réalité, il y en a tellement.


Haïti. Quel désastre. Pauvreté, catastrophe, corruption, tout y est pour la première étape de cette pièce en trois actes. Le deuxième ? Les secours ! La France, les USA, l’Union Européenne ! Tous sont là pour aider ! Des médecins, des personnels militaires, des membres de la scientologie, de l’argent, en somme les plus belles choses que l’occident peut offrir !


Au paroxysme de cette deuxième étape, le feu médiatique s’éteint. Tout ne peut qu’aller mieux, non ? Tout est réuni pour, en tout cas. En théorie, du moins.


La troisième étape, c’est l’oubli. Pourquoi ? Est-ce que les médias sont responsables ? Devraient-ils continuer à faire leurs unes sur ce pauvre pays ? Est-ce que les GENS sont responsables ? Sont-ils tellement impatients de passer à autre chose que les médias sont obligés de le faire. « Oui bon, ça suffit là, on a fait notre maximum, non ?! Et puis on était triste, sincèrement… donc voilà quoi ! »


Les GENS, c’est nous (encore un scoop, décidemment). Il est vrai que l’influence qu’on peut avoir sur les médias est très indirecte. On ne peut finalement pas ne pas acheter un journal parce qu’il ne parle plus d’un évènement (et s’il n’en parle jamais, c’est tout simplement impossible), ni refuser de regarder le JT… Ho et puis on est d’accord pour dire que voir des unes sur le dernier I-Phone, c’était quand même vachement plus marrant !


Bon, et Haïti dans tout ça ?

 

Par Chêne zen - Publié dans : Pensées de Chêne Zen
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Mercredi 7 septembre 2011 3 07 /09 /Sep /2011 18:40

L'eau que nous buvons, même quand nous la disons "fraîche", n'est pas née de la dernière pluie. Quelle que soit sa source, elle n'est même jamais de toute première jeunesse. En effet, de quoi l'eau est-elle constituée ? De molécules d'eau, elles-mêmes formées d'atomes d'hydrogène et d'oxygène. Or les premiers se sont formés dans l'univers promordial (il y a 13, 7 milliards d'années) et les seconds dans le coeur d'une étoile (il y a environ cinq milliards d'années) qui les a ensuite dispersés dans le vide intergalactique. Se désaltérer est donc un acte grave et profond qui nous connecte intimement à presque toute l'histoire de l'univers : il consiste en définitive à absorber des bribes de l'aurore du monde mélangées à des cendres plus tardives du feu stellaire.

Par Chêne zen - Publié dans : Pensées de Chêne Zen
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"Une ville bien défendue est celle qui est entourée d'un mur d'hommes, et non d'un mur de briques"

(Lycurgue)

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